La réflexion sur l'avenir de la chapelle du Saint-Esprit est engagée.
Le cabinet CoADeC (collectif d'action en développement culturel), installé au Vieux Marché dans les Côtes d'Armor, a été choisi pour mener à bien ce travail. Ces consultants sont chargés d'analyser les besoins culturels de la région alréenne. Un comité de pilotage a été créé pour les épauler dans cette mission. Il rassemble des représentants de la Ville, du Syndicat mixte et de la Communauté de communes du Pays d'Auray, du Département, de la Région et de l'Etat.
Ce travail sur le devenir de la Chapelle du Saint-Esprit est la suite logique de la restauration réalisée au début des années 90. Mis hors d'eau, le monument a retrouvé son aspect originel du XIIIèmesiècle. Mais beaucoup reste à faire : nouveaux vitraux à façonner, murs à rénover..... Pour amorcer la réflexion sur la vocation de ce lieu, un état des lieux culturel a été effectué.
De novembre 2007 à mai 2008, les consultants du cabinet CoADec sont allés à la rencontre des acteurs culturels du Pays d'Auray. Leur diagnostic révèle les atouts de ce territoire : la grande variété de partenaires culturels, la forte densité patrimoniale liée à la présence des mégalithes, l'acteur phare que constitue le centre culturel Athéna, les propositions intéressantes en arts plastiques, la dynamique évènementielle variée (musique classique, théâtre d'objet...). Ils rappellent aussi que près de 2600 personnes suivent des cours de musique de danse ou de théâtre sur le territoire.
Mais les experts soulignent également l'insuffisance d'échanges et de coordination entre les acteurs culturels locaux et le peu de mise en réseau entre le littoral et l'intérieur. Leur prospection met en évidence une inégalité tant géographique que tarifaire d'accès à l'offre culturelle ainsi que des problématiques liées à l'équipement, notamment le manque de lieux adaptés pour le théâtre, la musique, la culture bretonne... Leur analyse soulève enfin des interrogations sur la vision intercommunale de l'organisation culturelle.
Aujourd'hui, la réflexion se poursuit. Objectif pour le comité de pilotage : faire de la chapelle "un espace novateur de création, d'ouverture et de rencontres entre population et œuvres dans un objectif de construction et de réhabilitation pour les générations futures".
La Chapelle du Saint-Esprit était une des commanderies les plus importantes de l'ordre du Saint-Esprit. Les membres de cet ordre se sont consacrés aux pauvres, aux orphelins et aux malades.
On doit la construction de cette Chapelle à Jean II, duc de Bretagne. Il y aurait fondé d'abord une chapelle du Saint-Sépulcre (à l'emplacement du parking au sud de la chapelle). C'est là que se trouvait le gisant du Christ récemment restauré. Dès le XIVème siècle, l'édifice a été agrandi et l'ordre religieux s'est installé à cet endroit.
La Chapelle a perdu sa vocation religieuse au moment de la Révolution. Dès 1794, elle est transformée en caserne militaire : la caserne Duguesclin. Elle accueille des soldats jusqu'au début du XXème siècle puis servira d'abri pour la population pendant la Seconde Guerre mondiale avant d'héberger successivement des écoliers, des pompiers et des associations.
Plan de la commanderie du Saint-Esprit, datant de 1730, retrouvé aux Archives Nationales par Philippe Bonnet, conservateur à l'Inventaire (Drac Bretagne).
1 : emplacement de la chapelle du Saint-Sépulcre.
2 : le choeur de l'église (XIIIème siècle).
3 : la nef (XIVème siècle)
4 : emplacement du cimetière au sud de l'édifice.
5 : jardin situé en partie sur l'actuel parking, au nord de l'édifice.
6 : grand corps de logis